Quelle pauvreté veut-on combattre en République Démocratique du Congo ?

Nous vivons dans un monde d’opulence sans précédent, difficile à imaginer il y a deux siècles passés. Le vingtième siècle a fait de la démocratie participative le principal modèle d’organisation politique. Aujourd’hui, les concepts de droit de l’homme et de liberté dominent le langage actuel.

 

Très récemment, le XXI siècle se différencie par la mondialisation des économies, l’interdépendance économique entre les nations, la finance inclusive et participative.

 

Cependant, nous vivons aussi dans un monde où les privations, la misère croissante et la pauvreté sont endémiques. Il existe de nombreux problèmes, anciens et nouveaux : pauvreté extrême et besoins primaires et essentiels non satisfaits.

 

Ces lignes constituent une analyse statistique économique de ce fléau social tant décrier et stigmatiser mondialement par les organismes internationaux, et de manière démagogique par certains pays.

 

L’approche suivie par le Président de la République Démocratique du Congo se situe dans le pragmatisme et l’empirisme de terrain. Il se questionne sur le bien être économique et social des Congolais. Comment cette grande nation au cœur de l’Afrique, riche en matières premières stratégiques a ses populations parmi les plus pauvres de la planète ?

 

Les ambitions chiffrées du Chef de l’Etat, sont celles de faire sortir vingt millions de Congolais dans la pauvreté endémique. Ces ambitions semblent démesurées, mais elles sont réalistes car il souhaite, à travers le programme d’urgence de 100 jours, faire accéder la fraction de vingt millions de Congolais aux infrastructures sociales et économiques de base (hôpitaux modernes, eau potable pour tous, gratuité scolaires, universitaires).

 

La pauvreté, objet d’action du Chef de l’Etat est celle liée au chômage et incapacité de se procurer les besoins primaires. Il est important de distinguer la notion de la pauvreté liée au concept de manque de revenu et accès aux besoins essentiels.

 

La littérature statistique-économique nous aide à conceptualiser la pauvreté à travers une gamme d’indicateurs synthétiques. Cet exposé stigmatise la pauvreté de masse, telle que définie dans l’enquête 1-2-3 de l’INS, publiée dans le « Rapport National sur le Développement Humain 2014 du PNUD Kinshasa ».

 

L’interprétation attribuée à l’enquête 1-2-3 se résume par ce que nous définissons dans cet article par l’indice de l’incidence et de la privation moyenne de la pauvreté. Le premier est traduit statistiquement par le modèle mathématique H = qui exprime la fraction des individus pauvres sur le total de la population. N est le total de la population congolaise, et Q correspond au nombre des individus pauvres.

 

Le deuxième indice exprime la relation entre la moyenne des écarts et le seuil de pauvreté, décrit par le modèle I= Z exprime la ligne de pauvreté et g est l’écart de pauvreté. Du point de vue de la définition et calcul, les deux modèles sont opérationnels et demandent moins d’informations. Ils sont calculés connaissant les conditions de vie individuelle (revenu, consommation, patrimoine) et le caractère qui discrimine les pauvres aux non pauvres (ligne de pauvreté).

 

La comptabilité sur la pauvreté de masse de 2012, exprimée une diminution de la pauvreté sur toute l’étendue de la République, par rapport à l’enquêté identique de 2005 (inversion tendancielle de 71% à 63%).

 

Si la période de 2012 a connu une certaine amélioration dans la comptabilité de la pauvreté, les années successives, 2017 et fin 2018 ont enregistrées une chute libre de ces résultats louables sur la baisse de l’incidence, la profondeur et la sévérité de ce fléau dénommé pauvreté de masse.

 

La situation s’est aggravée avec une augmentation exponentielle de la pauvreté vécue et ressentie ; conséquence directe de la corruption de leaders politiques à toute échelle et dans l’Administration publique. La corruption tue plus que la peste hier et le sida aujourd’hui. Pour parler clair, en détournant à leur profit l’argent public, en méprisant, au-delà de toute décence, l’intérêt général, de nombreuses élites du Tiers monde doivent être tenues responsables, au moins partiellement, de la misère dans laquelle croupissent au moins deux milliards d’êtres humains. Ce cri d’alarme a été lancé par Pierre PÉAN, dans son fameux livre « L’argent Noir, Corruption et sous-développement ».

 

L’ambition d’inverser la courbe de la pauvreté endémique est réelle et se fonde sur un scénario optimiste du Président de la République, qui jouit de la variable confiance de sa population et les investisseurs étrangers attirés par l’Etat de droit. Le baromètre politique confirme le crédit qu’a le Président de la République pour la lutte contre la corruption galopante. Et le verbe déboulonner, qui résume cette lutte acharnée contre les antis valeurs et la corruption, est devenu populaire au Congo Démocratique.

 

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