LE FINANCEMENT DES ECONOMIES AFRICAINES, LE NEW DEAL DE PARIS ET LA VRAIE PENSEE DE J.M KEYNES SUR LE NEW DEAL

Le New Deal est une expression anglaise qui signifie littéralement nouvelle offre. Ces lignes de l’histoire économique expliquent le contenu de cette expression exprimée à plus d’un siècle ou 88 ans. Nom donné par le président américain Franklin Delano Roosevelt à la politique économique proposée dans la convention démocratique du 2 juillet 1932 et appliquée après son élection à partir de mars 1933 pour éviter la crise économique qui sévit aux États-Unis depuis 1929. Le nouvel accord est caractérisé par la volonté de corriger les défauts de la distribution naturelle et des mécanismes automatiques par des mesures d'organisation et d'intervention en réaction aux principes traditionnels de libre concurrence et de libéralisme. Essentiellement pragmatique, cependant, cette politique reste liée à une philosophie libérale.

 

L'attitude de Keynes à l'égard de New Deal exprime clairement sa manière de comprendre la relation entre l'intervention de l'État et le mécanisme économique.

 

Tout d'abord, il faut se rappeler que la politique de Roosevelt était le résultat d'exigences souvent contradictoires et qu'elle a beaucoup changé pendant toute la période de sa présidence. Roosevelt s'est rendu à la Maison Blanche pour critiquer Hoover pour ne pas avoir maintenu l'équilibre du budget de l'État, mais est entré dans l'histoire en tant que premier président américain à compter sur les dépenses publiques pour résoudre le problème de la crise. Comme on aura constaté, le scepticisme de Keynes à de la programmation a été à la base de ses critiques à la première période du New Deal.

 

Par conséquent, les critiques de Keynes réussissaient à contribuer à la fin de la première phase du New Deal et à toute volonté d'intervention de l'État du côté de l'offre, elles étaient en revanche insuffisantes pour sortir l'économie américaine de la dépression.

 

Enfin, pour conclure cette illustration historique de l’expression New Deal, il nous semble qu'on ne peut objectivement dire que les indications de Keynes ont été largement négligées par ses contemporains. En ce qui concerne la situation britannique, il faut rappeler que la politique monétaire visait à maintenir le taux d'intérêt au niveau le plus bas possible, la politique des barrières tarifaires a été mise en œuvre personne n'a tenté de réduire les salaires monétaires et la dévaluation de la livre, même s’il n'avait pas été invoqué par Keynes, il était le bienvenu. Même aux États-Unis, les éléments les plus radicaux présents dans la première phase du New Deal ont été rapidement abandonnés, exactement comme Keynes l'avait espéré. Au contraire, les programmes de dépenses publiques sont restés lettre morte. Mais c'était l'élément central de cette proposition, qui reposait sur l'hypothèse que les dépenses publiques et l'initiative privée se soutiendraient mutuellement dans un climat d'optimisme renouvelé, qui était faible ces années-là.

 

Ces lignes retracent l'attitude de Keynes envers le New Deal, et nous indiquent que cette expression n’est pas nouvelle dans un discours politique.Le New Deal, comme expression discursive a été employé le 18 mai lors du sommet sur le financement des économies africaines à Paris. Bien que les circonstances d’utilisation de l’expression New Deal soient différentes mais, elles ont un dénominateur commun définit par la crise économique. On entend généralement par crise, une chute brusque et soudaine de la production dans un secteur de l’économie, chute qui se propage plus ou moins rapidement aux autres secteurs. Nous mettons l’accent en soulignant que la crise se distingue de la récession par son intensité et par la durée de ses effets. L’accent grave mis sur l’intensité et la durée qualifie la crise liée à la pandémie Covid -19, d’une récession au vrai sens du mot. Nous avons publié et stigmatisé l’actuelle crise en perturbations économiques du XXI siècle : « Crise sanitaire, relocalisation, démondialisation et récession ».La lecture à la loupe du cadrage macroéconomique mondial de cette crise évidence la chute verticale du PIB. Son impact sur l’activité est multi sectoriel, on observe les activités liées au commerce qui sont dichotomiques pour les autorisations à l’ouverture. On distingue les commerces essentiels ou indispensables (pharmacies et alimentaires) et les commerces non essentiels (restaurants, terrasses, activités sportives, culturelles et évènementielles). Les activités non essentielles ont enregistré un déficit.Le confinement comme mesure indispensable de la lutte contre cette pandémie a ralenti les activités productrices au point d’impacter négativement sur les travailleurs précaires, et le taux de chômage à deux chiffres. Du point de vue de la théorie économique, la pandémie Covid-19 a perturbé la loi de l’offre et de la demande. On a constaté une baisse de la demande occasionnée par la perte de revenus, et un choc d’offre, conséquence directe de ralentissement de la production industrielle et non.

 

Ce tableau décrit la situation des économies de pays industrialisés, qui ont été affectées plus par la pandémie Covid-19. Ces économies occidentales possèdent les amortisseurs sociaux, et ils ont actionné les politiques économiques limitant les impacts négatifs (compensation des pertes de revenus pour les de ménages et les entreprises).Le continent africain a été épargné de cette pandémie, malgré qu’il souffre d’un déficit en structures sociales et économiques (hôpitaux, promiscuité dans le transport public et hygiène publique inexistante). Les statistiques sanitaires ne sont pas alarmantes, par contre la situation macroéconomique est affectée par la chute de la demande de matières premières par les pays économiquement avancés. Pourquoi la demande extérieure en matières premières impacte négativement les variables macroéconomiques de pays africains ? L’analyse SWOT, met en évidence les faiblesses de la structure productive, caractérisée par l’absence des unités de transformation des matières premières, qui constituent les avantage absolus absolu pour les pays Africains.Les économies africaines, sauf quelques cas rares, sont restées économie minière dominées par la rente. La transformation de ces matières premières est le point faible qui occasionne la dépendance de la demande extérieure. Le New Deal est-il une solution aux problématiques des Etats Africains (financement et le traitement de la dette publique, y compris la relance du secteur privé) ?  Pour répondre à question, faisons la relecture du Rapport STIGLITZ au sujet de la crise 2007- 2008.Ce que dit le Rapport STIGLITZ à la crise de 2007- 2008 résume le remède ou la solution à la nouvelle crise sanitaire et ses impacts sur les économies africaines. Considérant que la crise de 2007 était une crise financière, devenue à la fin économique à cause des impacts négatifs sur les variables macroéconomiques. Elle avait commencé aux Etats Unis d’Amérique, comme périmètre circonscrit, puis elle deviendra planétaire et mondiale. Elle nous révéla l’interdépendance de systèmes économiques car les secousses et impacts ont été ressenties mondialement.

 

Le Rapport STIGLITZ que nous mettons en exergue est le produit de la Commission d’experts créée en octobre 2008 par l’Assemblée de l’ONU. La crise de 2007 a commencé sur les marchés financiers et ensuite contaminé l’économie réelle, tel était la crise subie par les pays industrialisés. Les pays en voie de développement ont été impacté par une chute verticale de la demande de matières premières et par conséquent le rabais des prix à l’exportation.L’actuel crise est sanitaire, avec les conséquences économiques à dimension planétaire et mondiale. Elle est unique que l’histoire économique connaitra (récession mondiale, sentiment de relocalisation des unités industrielles délocalisées et surtout démondialisation). Ses impacts sont identiques à ceux connus déjà en 2007-2008 (variables macroéconomiques affectées).

 

Le Rapport1 dit ceci pour les pays en voie de développement : Pour participer efficacement à une stimulation mondiale coordonnée, les pays en développement vont avoir besoin d’un financement substantiel, e plus de celui qui provient des sources traditionnelles d’aide au développement. Il leur faudra aussi des fonds pour protéger leurs citoyens les plus vulnérables, pour fournir un financement commercial, pour soutenir financièrement les entreprises qui n’ont pas accès au crédit international et pour renforcer leurs institutions financières nationales. Il faut pour les pays en développement des sources de financement qui puissent être vite activées et n’imposent pas de conditions inappropriées. En outre, un important pourcentage des dépenses de stimulation pourrait être consacré à des mesures environnementales, notamment à l’adaptation au changement climatique (CCNUCC). Le Rapport est favorable aux décisions des Etats membres d’entériner l’allocation de droits de tirage spéciaux (DTS) approuvée par le Conseil du FMI en septembre 1997, quand il a proposé un Quatrième Amendement aux statuts qui doublerait le montant des DTS déjà alloués pour le porter à 42,8 milliards de DTS

 

Nous constaterons par analogie que le Sommet de Paris a utilisé le mot New Deal dans son chapitre qui traite le déficit de financement. Il existe quelques ressemblances et fils conducteurs entre le Rapport STIGLITZ et le Sommet de Paris du 18 mai 2021. Il est maintenant clair que, en passant par des étapes douloureuses, nous sortons de la crise par le biais de l’élan de la science médicale, les vaccins existent maintenant et le monde tend vers le déconfinement. Il est également clair que nous sommes bien établis sur le chemin ascendant de la reprise économique. Les pays africains sortent épargner par la pandémie Covid-19, mais toutes les variables macroéconomiques sont au rouge. Ils doivent se mettre sur le sentier de la reprise économique en action les programmes ambitieux qui ciblent la croissance économique. Tout programme de développement économique ne peut manquer d'avoir pour objectif primaire, l'élévation du niveau de vie de la population selon les ODD. Ce nouveau programme se résume par la trilogie suivante : l’efficacité économique, la justice sociale et la liberté politique.Quelle politique économique à mettre en œuvre pour les Etats Africains ? Sans masquer notre formation et cursus académique, nous proposons les politiques keynésiennes en mettant l’accent sur l’importance de l’investissement public et programme massif de dépenses publiques pour combattre le chômage.L’ouverture des grands chantiers de réforme de l’État, la déconcentration, la réforme fiscale et le financement à travers les impôts, afin d’éviter la mendicité internationale et le recours aux aides internationales.

1 Joseph.E. STIGLITZ, le Rapport STIGLITZ 2010 : 87o


Acronymes

CCNUCC : Cadre de la Convention des Nations Unies pour les Changements Climatiques

DTS : Droits de Tirage Spéciaux (Réserve de liquidité crée en 1968 par le F.M.I et attribué aux membres en fonction de leurs quotas, l’usage est indépendant des autres ressources du Fonds, sans qu’aucune justification ait besoin d’être fournie)

ODD : Objectifs de Développement Durable ( 17 objectifs fixés par l’ONU)

ONU : Organisation de Nations Unies

 Par Bangambe Bila Ambroise Statisticien Économiste Évaluateur

 

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