LA CONNAISSANCE DES ORIGINES DU FOND MONETAIRE INTERNATIONAL ET SON FONCTIONNEMENT PEUVENT – ILS CONTRIBUER Á LA COMPREHENSION DE CETTE INSTITUTION INTERNATIONALE ?

1. Introduction

Le FMI promeut le programme de politique économique de la République Démocratique du Congo, ou le FMI tire la sonnette d'alarme sur l'évolution des finances publiques du Congo - c'est à peu près le ton des gros titres des journaux qui paraissent normalement dans la presse congolaise après la visite annuelle habituelle des experts du Fonds monétaire international. Le FMI a toujours été l'épouvantail utilisé pour pousser les réformes tant recherchées. Mais qu'est-ce qu'une telle institution a à voir avec notre pays ? Cette institution internationale, regroupe 187 pays, devrait plutôt s'occuper de questions d'importance universelle ? Pourquoi, et avec quelle présomption, les experts du FMI, depuis leurs bureaux d'outre-Atlantique climatisés, tentent-ils de se prononcer sur les problèmes du Congo ? Nous avons tous lu le titre suivant, publié par la presse congolaise et sur les réseaux sociaux : « Le FMI conditionne la conclusion d’un programme triennal avec Kinshasa à 3 préalables » : la restructuration de la Banque centrale du Congo ; la transparence dans le secteur minier et la publication de tous les contrats miniers conclus,

Certaines opinions, mal informées sur le rôle de cette institution internationale, décrient et parlent de l’ingérence dans les affaires d’un pays souverain.

La connaissance du FMI reste mystérieuse pour le grand public, même parmi le public le plus expérimenté, qui maîtrise les relations économiques internationales.

 Le but de ces écrits est d'aider le lecteur à comprendre, et à se faire une idée assez précise d'une institution qui, qui fut l'œuvre brillante de J.M. Keynes. Ce génie en économie est l’économiste le plus influent du XX siècle, et l’un des plus connus de l’histoire [les grands auteurs de la pensée économique, (Alternatives Economiques poche n°57 novembre 2012) :154].

La conférence tenue à Bretton Woods, dans l'État du New Hampshire, a été convoquée en mai 1944, en pleine deuxième guerre mondiale, par le secrétaire d'État des États-Unis, Henry Morgenthau, qui a envoyé des lettres d'invitation à 44 pays. Ceux-ci n'incluaient pas les puissances ennemies, l'Allemagne, le Japon et l'Italie.

Il est important de souligner pour comprendre les enjeux actuels des relations économiques internationales, que les États Africains n’étaient pas encore indépendants, et n’ont pas participé à cette conférence historique et mondiale qui créa le FMI.

Le FMI et la BM sont les institutions de Bretton Woods, qui regroupent 187 pays membres. Elles ont un rôle très important dans l’architecture financière et économique internationale. Le mandat du FMI est d’assurer la stabilité financière et économique mondiale. Il suit l’évolution économique de ses pays membres, qu’il les alerterait sur les dangers économiques et qu’il donnerait des conseils et des fonds à ceux d’entre eux qui connaitraient des difficultés de balance des paiements, tout en aidant les pays en voie de développement à réaliser la stabilité macroéconomique bet à soutenir l’emploi.Les objectifs spécifiques de FMI sont résumés par les trois points suivants :

  • Etablir système d’échanges internationaux en équilibre stable par un système de taux de changes fixes (mais ajustables) articulé autour d’un étalon de change-or. La responsabilité des pays débiteurs et créanciers est conjointement engagée dans le maintien de cet équilibre.  
  • Restaurer un libre et large commerce mondial (en revanche, on accepte plus facilement le contrôle des mouvements de capitaux, souvenir des désordres créés par eux dans l’entre-deux -guerres).
  • Défendre et promouvoir l’expansion équilibrée du commerce et de la production et un haut niveau d’emploi.

 

La comptabilité entre ces trois objectifs exige des mécanismes de correction des déséquilibres. Ils ont prévu par conséquence :

  • Restrictions quantitatives, en cas de déséquilibres provoqués par les mouvements de capitaux,
  • Ajustement des parités en cas de déséquilibres fondamental,
  • Recours aux ressources du Fonds pour compenser les déséquilibres temporaires.

 

2. Le nouvel ordre économique international

L'architecture institutionnelle de l'ordre économique conçue à Bretton Woods reposait donc sur trois pilastres : le FMI, le BIRD et l'OMC. On ne doit pas ignorer les deux autres institutions sœurs de FMI, qui sont identifiées par la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement, actuelle Banque mondiale et GATT (General Agreement on Tarifs and Trade), qui est devenu OMC (Organisation Mondiale du Commerce).  Mon expérience professionnelle avec la BM a eu au Congo Brazzaville le 25 août 2008, où j’ai été consultant international au PRCTG, financé par la Banque mondiale et sa filiale AID (Association Internationale de Développement) pour une durée de 365 jours. La BM est une Banque interétatique servant d’intermédiaire entre détenteurs et utilisateurs de capitaux agissant par le biais des techniques financières de toute banque commerciale.

Le GATT ou l’OMC a connu plusieurs difficultés à cause de la divergence des intérêts entre les pays membres. Les objectifs poursuivis par l’OMC se concentrent les interdictions de toutes discrimination (égalité de traitement fiscal, interdiction de dumping, réglementions des subventions aux exportation) et l’action pour la réduction de tout obstacle au commerce. 

 

 

3. Qu'est-ce que le Fonds monétaire international et comment il fonctionne

Selon l'article 1 de son statut, le FMI est avant tout une instance permanente visant à promouvoir la coopération dans le domaine monétaire international. Sa contribution vise avant tout à promouvoir la cohérence entre les politiques économiques des pays membres et la stabilité du système monétaire et financier international, éléments considérés comme essentiels à la croissance des revenus et de l'emploi. En un mot, on pourrait dire que le FMI promeut une croissance dans la stabilité, à la fois au niveau des pays individuels et au niveau mondial. Ces lignes expliquent clairement les raisons fondées sur les trois conditions imposées par le FMI au Congo.Le schéma de l’interdépendance entre les systèmes économiques exige la présence d’une institution internationale régulatrice de l’économie mondiale. D’où le besoin d’une nouvelle gouvernance économique mondiale plus juste axée sur les fonctions suivantes :

 

3.1  La fonction financière

La stabilité monétaire et financière internationale est également un bien public

Le FMI facilite cela de diverses manières : en assurant une certaine stabilité des taux de change ; en offrant aux pays membres les moyens financiers qui leur permettent de lisser la taille et d'allonger le calendrier des processus d'ajustement ; en secourant directement les pays frappés par de graves crises financières.

Le FMI met ses ressources financières à la disposition des pays membres, afin qu'ils puissent prendre des mesures pour éliminer les déséquilibres survenant dans leurs positions extérieures, qui peuvent se manifester soit par un déficit de la balance des paiements, soit par une position précaire de réserves. La fonction financière est destinée à empêcher les pays de recourir à des mesures extrêmes, c'est-à-dire destructrices de la prospérité nationale ou internationale.

Le FMI recherche toujours le juste équilibre entre les ressources prêtées et le degré de correction des politiques économiques, bref entre le financement extérieur et l'ajustement interne Pour y parvenir, la dépense des fonds est toujours liée, en tout ou en partie, à la mise en œuvre de mesures correctives. De politiques économiques convenues avec les autorités du pays. Cette pratique est classiquement qualifiée de conditionnalité, à travers celle-ci, le FMI voudra s’assurer que le pays remédie de manière durable aux problèmes sous-jacents au déséquilibre extérieur.

Les contenus de la conditionnalité ne diffèrent pas de ceux soumis à la surveillance, seulement qu'il se matérialise dans les objectifs des critères de performance, que le pays doit mettre en œuvre dans le cadre du programme de relance monétaire, fiscale et de change.

 

3.2 La fonction de surveillance

La coordination des politiques économiques peut être poursuivie, schématiquement, selon deux approches. La première repose sur l'établissement de règles dans des domaines spécifiques, de telle sorte que la coordination découle d'une manière presque mécanique de la tentative des pays de se conformer aux règles établies. L’illustration est faite par le système multilatéral de taux de change fixes mais ajustables prônait par le FMI.

La seconde approche est plus discrétionnaire, consistant à s'assurer, par une action de surveillance, que les objectifs et les actions de politique économique adoptés par les différents pays ne sont pas en conflit avec l'intérêt collectif. C'est l'approche suivie actuellement par le FMI suite à l'abandon du système de taux de change fixe à Bretton Woods. La surveillance est sans aucun doute la principale raison d'être du FMI.

Normalement, une distinction est faite entre une action de surveillance bilatérale, visant à évaluer les politiques économiques d'un seul pays membre, et une action multilatérale, dans laquelle le FMI évalue la congruence des tendances économiques et des politiques nationales au niveau mondial. Du point de vue des contenus, l'action de surveillance bilatérale se déroule à deux niveaux. Un premier niveau est celui des politiques de change ou, pour mieux dire, du système multilatéral de paiements courants. Bien que les pays membres soient libres d'adopter le régime de change qu'ils souhaitent, ils doivent garantir la convertibilité de leur compte courant, obligation qui découle de l'article VII du Statut. Actuellement, les pays qui respectent pleinement cette obligation sont majoritaires, plus de 100. Les monnaies de ces pays sont appelées, dans le langage technique du FMI, monnaies convertibles. Les autres pays, en revanche, font usage d'un régime transitoire prévu à l'article XIV, s'engageant à éliminer dans les meilleurs délais les restrictions qu'ils maintiennent en place. Ainsi, la première tâche de la surveillance est de s'assurer que les pays membres n'introduisent pas de restrictions contraires à l'article VII ou, pour ceux qui utilisent le régime transitoire, d'évaluer les progrès vers la pleine convertibilité.

Le deuxième niveau sur lequel s'exerce l'action de surveillance bilatérale concerne l'adéquation des politiques économiques du pays membre par rapport à la situation de sa balance des paiements et de son taux de change. Il s'agit d'une fonction qui découle de l'article IV des statuts, qui oblige chaque pays membre à collaborer avec le FMI et avec les autres pays membres de l'organisation afin d'assurer le bon fonctionnement et la stabilité du système de change. Il découle de l'obligation de fournir au FMI un flux constant et large d'informations et de données statistiques sur sa propre situation économique.

 

 

4 La conclusion

Se faire une idée était l’objectif fixé à travers ces lignes, qui servent aux lecteurs de décrypter les titres qui apparaissent dans les journaux, au sujet de l’intervention de FMI dans la politique économique d’un État souverain. Il est généralement connu que la souveraineté a un périmètre limité dans le temps et l’espace, qui fait que les nations soient interdépendantes entre elles.

L’enjeu actuel est la gouvernance mondiale de l’économie, qui devrait tenir compte des interdépendances des économies. Nous sommes devant trois acteurs mondiaux, qui sont les nations, les firmes transnationales ou les multinationales et les organisations internationales dépendantes de l’ONU. Ces trois acteurs schématisent le triangle de la mondialisation, et stimulent la réflexion sur la gouvernance des institutions financières internationales.

Le Rapport STIGLTZ insiste sur la réforme de la gouvernance des institutions financières internationale et les rendre plus responsables et transparentes : il y a sur ce point un consensus grandissant dans le monde. Les réformes de leur gouvernance doivent reposer sur une interprétation commune de leurs mandats respectifs et une compréhension commune des orientations stratégiques de chaque institution. Le poids économique et financier des pays en développement dans l’économie mondiale et leur rôle crucial d’utilisateur des fonds du FMI et de la Banque mondiale. Si l’on veut renforcer l’efficacité et la légitimité du FMI, il faut améliorer sa gouvernance afin qu’elle reflète pleinement les changements de l’économie mondiale [Le Rapport STIGLITZ, pour une vraie réforme du système monétaire et financier international après la crise mondiale, Edition BABEL 2010 : 206].

 




Bibliographie de référence

1) ALTERNATIVES Economiques poche n°57 octobre 2012, les grands auteurs de la pensée économique

2) BYE MAURICE et DESTANNE DE BERNIS, Relations économiques internationales, Edition Précis Dalloz cinquième édition 1987

3) KRUGMAN PAUL, Economia internazionale, Edition Hoepli 1988

4) PADOA-SCHIOPPA TOMMASO, Il governo dell’economia, Edition il Mulino 1997

 Par Bangambe Bila Ambroise Statisticien Économiste Évaluateur

 

Read 198 times Last modified on lundi, 16 août 2021 13:25