Gratuité de l’enseignement est un investissement pour l’avenir d’une nation : le Cas de la République Démocratique du Congo

L’éducation est parmi les déterminants de la productivité du travail, qui est incorporée dans le capital humain. Il est certain que le capital, qu’il soit physique ou humain, est un facteur décisif pour expliquer la croissance économique d’une nation.


Le capital humain mesure l’accumulation de l’investissement dans les individus, et la forme de capital humain la plus importante est l’éducation. Cette dernière représente une dépense de ressource à une date présente qui sera compensée par des gains de productivité à une date future (capitalisation ou thésauriser).


Les économistes considèrent l’éducation comme un investissement qui construit « le capital humain », rendant les individus plus productifs et donc profitant à la société dans son ensemble. Le capital humain est le deuxième déterminant de la productivité, il englobe les connaissances et les compétences que les travailleurs acquièrent au travers l’instruction scolaire, de l’apprentissage dans un centre de formation professionnelle et de l’expérience acquise dans l’exercice de sa fonction.


Enfin, on synthétise que le capital humain regroupe les aptitudes développées dès l’enfance, à l’école maternelle, primaire, secondaire, lycée et à l’université. Les intrants de capital humain tels la qualité des enseignants, les personnels éducatifs, les bibliothèques, les laboratoires et les cantines scolaires et restaurants universitaires sont à entretenir et réhabiliter et à inclure dans la nouvelle politique éducative.


Un peuple qui ignore son histoire manque les repères d’orientation et n’améliore jamais point son existence. Nous sommes dans le devoir de rafraichir nos mémoires historiques, car la gratuité scolaire existait jusqu’arrivée de la deuxième République et fin des années 70. Pour mes contemporains, qui se rappellent la belle époque du bien être social, ils peuvent confirmer et affirmer que le minerval était un symbole de participation de nos parents, et les fournitures scolaires étaient remises à chaque élève au début de l’année scolaire.


Les conditions économiques actuelles obligent à considérer le système éducatif congolais comme une dépense publique à évaluer en termes de coûts et bénéfices. Le secteur éducatif et formatif produit le bien public pur destiné à la collectivité et, a effet d’externalité positive.


Enfin, le principe de gratuité de l’enseignement, la fixation de l’âge légal d’entrée au cycle primaire, l’obligation de la scolarité à 14 ans et l’abolition de redoublement scolaire et l’amélioration salariale des enseignants devront avoir une valeur constitutionnelle.


Le non redoublement comme pratique, éviterait le dédoublement de la finance publique du secteur éducatif. Pour éviter les échecs scolaires, la politique éducative devra s’aligner au programme PISA de l’OCDE.


Considérant que la classe d’âge de 0 -14 ans représentent 46% de la population congolaise et l’état actuel de notre enseignement, la part de PIB destinée à l’éducation devra être proportionnelle aux enjeux de rattraper le retard au niveau international, et il est souhaitable de la fixée à une fourchette 5% à 10% de PIB.

 

 

 

1. Statisticien économiste évaluateur, Directeur scientifique de Stares Consulting et Prof de mathématiques
2. Le PISA signifie Proram for International Student Assessment, est un programme de suivi des acquis. Il est conçu par l’OCDE pour mesurer les performances des systèmes éducatifs au sein des pays.

 

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