Une réflexion sur la politique salariale et le bien être des salariés Congolais

Cette réflexion a pour objet d’orienter d’une manière non exhaustive la discussion et le débat sur la politique salariale des travailleurs congolais. On souligne bien l’utilisation de qualificatif non exhaustif pour signifier qu’on ne monopolise pas ce sujet social, mais on lance la pierre dans l’eau, pour provoquer et stimuler les discussions fertiles autour de ce problème qui n’a jamais été débattu depuis plus d’un demi-siècle.


En République Démocratique du Congo, chaque entreprise a sa grille salariale et, il manque un référentiel salarial. Chaque employeur fixe ses règles et les salaires sans en tenir compte d’un seuil minimal, raisonnable correspondant au pouvoir d’achat.


Les économistes historiens congolais se souviendront du fameux discours du Président Marechal Mobutu, sur le rabattement salarial de commissaires d’État de l’époque, actuel ministres dans l’appellation récente. Ce discours utopique et démagogique, selon une certaine opinion très critique, était de circonstance du temps et lieu (meeting politique au Stade Tata Raphael au cours d’une campagne politique). Ce pamphlet présidentiel du Marechal dénonçait la teneur de vie de membres de son gouvernement pléthorique qui dépassait la limite de la décence morale et l’orthodoxie de la finance publique. Ce cri d’alarme du Président Marechal avait comme motivation, l’excès des rémunérations et des dotations protocolaires dont disposées ses commissaires d’état (logement, véhicules, vivres frais et boissons aux dépens de la finance publique), dépassaient la rationalité économique et la décence.


Le Marechal Président avait eu cyniquement l’audace de comparer les rémunérations de ces privilégiés d’Etat aux salaires de fonctionnaires de l’Administration publique. Il osa de réduire les écarts salariaux entre les différentes classes pour un temps éphémère.


Le problème de la rémunération, et par conséquent le bien être des travailleurs congolais est d’actualité avec l’avènement de la cinquième République. Le Président Félix Antoine Tshisekedi, a demandé à un chef de chantier chinois d’augmenter les salaires de ses employés, congolais, et ses inquiétudes ont même justifiées récemment son refus catégorique de certaines enveloppes cadeaux des expatriés entrepreneurs, en leur demandant d’améliorer les salaires de leurs employés d’abord.


Le salaire journalier, au Congo est chiffré actuellement à cinq dollars, et si on calcule en fonction de huit heures de travail par jour établit par l’OIT, le salaire horaire se fixerait à 0,625 dollar. L’image de ce taux horaire nous interpelle à analyser le fonctionnement du marché de travail. Il y a une similitude entre le marché du travail et celui des biens, puisque le concept de marché au sens général est le lieu de rencontre entre la demande et l’offre. L’élément déterminant dans ces deux types de marchés est la loi de l’offre et la demande. Cette loi d’autorégulation de marchés fonctionne – elle au Congo ?


En République Démocratique du Congo, toute forme de marché fonctionne sans règle et, il faut impérativement une intervention sous la forme de régulation active de l’État, afin de corriger les imperfections et injustices sociales. Il est temps d’opérer la péréquation de ressources en fonction de certaines variables économiques, sociales et anthropologiques congolaises.


Ce document de discussion fertile, tente d’expliquer et expliciter les variables qui définissent les rémunérations et sa variabilité. En effet, les salaires varient inversement avec la disponibilité des travailleurs (mesurée par le taux d’emploi et de chômage) et directement avec les prix à la consommation. À court terme, la variabilité des salaires est influencée par la productivité horaire de facteur de production et l’indice de prix à la consommation.


L’action de l’Etat et les syndicats influencent aussi l’évolution des salaires, en fixant le salaire minimum contractuel(SMIC), la nature de contrat, la cotisation de sécurité sociale et contribution sociale. L’Etat devra veiller sur l’application stricte de contrat et chaque employeur aura l’obligation d’appliquer le SMIC. Le syndicat aura le devoir de défendre les règles et le droit de travailleurs et leur condition d’employabilité.

 

Il existe en outre, l’interdépendance entre les salaires, la productivité, la disponibilité des travailleurs, le taux de chômage et le pouvoir d’achat. Ces variables citées, déterminent le bien être social et économique.

 

Cette réflexion clarifie la différence entre les salaires nominaux et alaires réels ; pour en définir le pouvoir d’achat et le bien être de la population. Le salaire nominal correspond au salaire en unités monétaires. Le salaire réel mesure le pouvoir d’achat d’une collectivité et la croissance de l’économe nationale.

 

La conception de la politique salariale axée sur la justice sociale, la liberté syndicale et l’efficience économique, est le levier de développement économique d’un Congo nouveau.

 


 

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