Comment la République Démocratique du Congo, devrait-t-elle gérée les dépenses publiques sachant que les ressources sont limitées

Par Ambroise Bangambe Bila (1)

 

La R.D.Congo, avec un Gouvernement composé de 65 Ministères et un Premier Ministre, 500 Députés de l’Assemblée National, 109 Sénateurs, 26 Gouverneurs provinciaux, les Ministres provinciaux, les Députés provinciaux : comment va-t-elle gérée ces dépenses publiques.


« La pertinence de disposer d’un instrument de cadrage macroéconomique au niveau national, d’un CDMT global et sectoriel, accompagnés d’un modèle économétrique adapté aux dimensions colossales de ces gouvernements est une condition nécessaire et suffisante pour une gestion saine axée à la maitrise de la finance publique ».


A l’œil nu, sans les outils d’analyse économique, on remarquera que le poids de la présence publique aura un impact sur le PIB. Cet indicateur qui s’exprime en pourcentage de PIB, est le rapport de la somme de dépenses publiques sur le PIB. Il est un indicateur le plus approprié pour mesurer la dimension et l’intensité de l’intervention publique.


La dimension du secteur public au sens large, engendrera avec certitude les dépenses et les recettes, si les réformes de la politique fiscale et le désengagement de l’Etat dans certaines activités seront adoptées (privatisation et régulation). Le problème de la dimension colossale de la présence de l’Etat se posera en termes de l’équilibre budgétaire et le poids de son déficit.


Comment l’Etat congolais va financer ses dépenses ? Le recours à la dette extérieure, pratique courante serait à abolir pour un pays ambitieux de son indépendance politique et économique. Il reste le scénario de mobiliser les recettes et entrées fiscales.


Les recettes publiques sont fonctions directes de la politique fiscale et de l’efficience de l’administration de la finance publique. A ce sujet, la théorie de la politique fiscale nous invite à observer les effets produits par la politique budgétaire sur l’évolution des agrégats de l’économie nationale.


L’image nette d’un système économique est généralement donnée par l’Institut National de Statistiques et le comptable national. De ce fait, l’INS devra mettre à jour la nomenclature d’activités et produits du Congo (2) . La figure professionnelle de Comptable nationale est absente dans le contexte congolais. Connaissant bien la réalité des Etats Africains en matière de la statistique économique, le dysfonctionnement et le déficit en capital humain constituent un handicape technique pour scanner le système économique et la connaissance statistique des activités et produits, élaborer le cadrage macroéconomique et construire le modèle économétrique (3).


Quel est le rôle du cadrage macroéconomique dans l’économie d’une nation, et l’utilité de disposer d’un modèle économétrique ?
Le cadrage macroéconomique est un processus utile, et propédeutique à la connaissance analytique de variables macroéconomiques clés. Il précède le CDMT (4) et la construction d’un modèle économétrique.
Le CDMT est un acronyme signifiant Cadre De Dépenses à Moyen Terme. Il est défini par Marc Raffinot comme une enveloppe financière globale fixée au sommet par les services centraux, des discussions à la base pour l’estimation des coûts et des ressources disponibles.


Une autre définition plus explicitée du même auteur, considère le CDMT comme un processus de décision itératif permettant de fixer la contrainte macroéconomique et de planifier les politique Sectorielles..

 

Le CDMT est un ensemble cohérent d’objectifs stratégiques et de programmes de dépenses publiques qui définit le cadre dans lequel les ministères opérationnels peuvent prendre des décisions pour la répartition et l’emploi de leurs ressources. La République Démocratique du Congo a utilisé le CDMT en septembre 2004 (5) . Ce document est archivé auprès de la DEME du Ministère du Plan.

 

Le modèle économétrique sert à effectuer la prévision afin d’anticiper, et éventuellement de réagir ou corriger les variables macroéconomiques. Mon expertise de 2008 à la DEME (Direction d’études Macro économiques du Ministère du Plan) avait comme but de renforcer les capacités de fonctionnaires en technique de prévision économique. Le modèle n’a pas été construit à cette époque, sauf la rédaction de la première note de la conjoncture économique que j’ai rédigée avec les fonctionnaires de la DEME..

 

Nous aboutissons à une conclusion, en disant que ce document est conçu pour expliciter le problème de la rareté des ressources et, par conséquent, la nécessité d’effectuer des arbitrages.


La dimension structurelle du Gouvernement et la décentralisation actuelle imposent la rationalisation des choix, entre les Ministères qui seront dotés d’un portefeuille et les prévisions de la tendance macro économique du pays des agrégats clés.


Bref, nous suggérons l’utilisation de CDMT, dans le contexte actuel, pour la répartition des ressources limitées de la république Démocratique du Congo.

 

(1) Statisticien économiste évaluateur et enseignant de mathématiques
(2) PNUD Madagascar : Projet de mise en place de la mercuriale de prix, la nomenclature d’activités et produits. 11 avril 2016.
(3) Ministère de l’Economie, des Finances et du Budget, Projet de Renforcement des Capacités de Transparence et de
  Gouvernance financé par la Banque mondiale au Congo Brazzaville, Consultant international Ambroise Bangambe Bila, septembre 2008.
(4) Bangambe Bila, Consultant international, Elaboration du cadrage macro économique et modèle économétrique de la République du Congo Brazzaville, Notes méthodologiques compléments à la note explicative Août 2008.

(5)  J’ai consulté et étudié ce document comme Consultant international expert macro économiste à la Direction des études macro-économiques du Ministère du Plan en juillet 2008.

 

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