Les hypothèses de développement d’un modèle des districts industriels en République Démocratique du Congo :

« Avantages et désavantages »

Est-il possible d’inventer ou élaborer un modèle de développement des activités productives, afin d’atteindre le plein emploi de la population active excédentaire, en République Démocratique du Congo ?


La réponse à cette question est affirmative, et est-elle compatible à la tendance actuelle, caractérisée par la relocalisation des activités productives et le mouvement de la démondialisation, concept assez flou, mais que nous traduisons par les relations bilatérales gagnant- gagnant. La pensée antimondialisation s’est manifestée récemment à cause de la pénurie de masques sanitaires dans les pays industrialisés, qui ont banalisé la production de certains produits vers la Chine.


Qu’est ce qu’un district industriel ? Comment fonctionne-t-il et quels sont les avantages et les désavantages d’un tel modèle de production ?


Un district industriel peut être défini en fonction de deux types de structures : Les réseaux et l’ensemble des entreprises. Aux nœuds de réseaux se trouvent entrepreneurs/artisans individuels et l’ensemble des entreprises. Les connexions entre les nœuds se réalisent à travers les processus d’interactions récurrents.


Les réseaux transmettent les compétences grâce auxquelles le district recueille et interprète des informations sur les produits, les technologies de production et les marchés; produit et vend des produits manufacturés; et développe des idées pour une nouvelle fonctionnalité du produit, de nouveaux marchés et de nouveaux types de produits. La structure réticulaire subit une transformation constante à mesure que le district génère de nouveaux produits et explore de nouveaux marchés. Les processus de transformation sont occasionnés par l’agglomération des entreprises (Consortium, coopératives et autres formes juridiques) qui forment le district. [(Complexité et districts industriels, dynamiques, modèles, cas réels, Alberto Quadrio Curzio e Marco Fortis, Edition il Mulino 2002)].


Cette définition fonctionnelle se résume par l’illustration de modèle italien de districts industriels. Nous avons eu l’opportunité de visiter les usines de Nord Est de l’Italie (Pordenone), lors de la conférence intitulée « l’Afrique rencontre la Région Frioul Vénétie » que nous avons organisée avec la Chambre de Commerce, Industries et artisans de Pordenone. Nous avons pu visiter les grandes usines italiennes comme JACOZZI et ELECTROLUX. Cette visite, nous a permis de connaitre les avantages et désavantages d’un tel modèle. Autours de ces grandes usines, gravitent les micros entreprises, souvent artisanales, s’appuyant sur la spécialisation des ex ouvriers devenus entrepreneurs et fournisseurs e produits intermédiaires. Ils produisent les pièces ou produits intermédiaires utiles pour l’assemblage final (l’exemple de la courroie d’une lave vaisselle, qui est fabriquée par un artisan ex ouvrier de l’usine Electrolux de Pordenone). L’avantage est l’externalisation de la spécialisation et les effets dominos. Le cœur de la logique de ce modèle est sa flexibilité, fonction de la mentalité italienne. Les Italiens sont trop flexibles et s’adaptent aux circonstances les plus difficiles (Le modèle italien, la spécialisation flexible et districts industriels, Andrea Saba , FrancoAngeli, 1995). Les exemples sur la flexibilité axée la création des districts industriels sont nombreux, et mettent en évidence plus les avantages du système par rapport aux désavantages. Le constat sur les avantages se synthétise par : « L'industrialisation submergée, c'est-à-dire la façon dont de nombreuses petites entreprises sont nées et se sont répandues dans presque toute l'Italie ».


S’agissant des hypothèses de développement d’un système de micros entreprises, qui constituerons l’architecture des districts industriels. De ce fait, nous effectuerons le test des hypothèses statistiques pour argumenter cette affirmation empirique. La réponse affirmative n’est pas suffisante pour conduire une telle étude, il nous faudra élaborer un modèle mathématique et une simulation sur base des hypothèses statistiques.


Le modèle que nous proposons se base sur une approche statistique, qui se résume par les indices de localisation et interaction spatiale. La statistique méthodologique propose de nombreux indices relatifs de la répartition inégale d’une quantité économique sur le territoire. La littérature statistique offre les indices statistiques suivants : le quotient de localisation, l’indice de spécialisation, l’indice de dotation, l’indice de Theil et l’indice de Williamson.


Eclaircissons le concept de test de l’hypothèse qu’on envisage utiliser pour cette étude. Un test d’hypothèse est une procédure permettant d’aboutir, en fonction de certaines règles de décision, au no-rejet d’une hypothèse de départ, appelée hypothèse nulle ou au rejet de l’hypothèse nulle en faveur de l’hypothèse alternative. Le test de l’hypothèse est un modèle statistique-mathématique qui sert à la théorie de décision.

 

Schéma logique d’un test des hypothèses

 

 

Ce schéma logique indique le rôle fondamental de la statistique comme science des décisions dans les conditions d’incertitude. En effet, il convient au test de traduire un problème réel en une affirmation statistique, et accepter l’information de l’échantillon sur la population de référence (inférence statistique) en attribuant à ce choix un jugement probabiliste sur la vraisemblance de la solution.


L’analyse multifactorielle de l’économie submergée, les activités informelles, la malversation financière et les détournements exponentiels de deniers publics, renforcent les hypothèses de la faisabilité, si la confiscation des ressources détournées devient une loi républicaine.


La lutte contre la corruption, le détournement des deniers publics, la corruption, la concussion, les différentes formes des trafics illégaux, s’ils sont comptabilisés correctement et réutilisés au profit de la création des coopératives et consortiums, constitueront le levier de la croissance du tissu industriel congolais.


L’objectif de modéliser un système d’entrepreneurial orienté vers le capitalisme horizontal et populaire peut être atteint à court et moyen terme à travers la mise en place des districts industriels travaillant en synergie en eux.


La mise en place de ces hypothèses ambitieuses exige une politique industrielle adaptée à la réalité sociale et économique de chaque province. La cartographie de formation professionnelle sera fonction directe de la demande de facteurs productifs (capital humain et matériel) de districts.


Par politique industrielle, dans ce contexte, on sous entend une politique incitative à création de micro entreprises artisanales, colonnes vertébrales de la politique industrielle. Le professeur STIGLITZ, prix Nobel d’économie en 2001, définit les politiques industrielles comme celles élaborées par l’État pour favoriser les secteurs particuliers de l’économie [(Principe d’économie moderne 2008 :876) Glossaire].


Cette définition, stigmatise la fonction de l’État, dans l’orientation de la politique industrielle, axée sur la régulation de marche, le financement et la formation de districts industriels, qui définissent les conditions d’implantation d’un nouveau capitalisme horizontal et réseau de créateurs de la valeur ajoutée. L’Etat congolais a le devoir de fixer les repères pour l’instauration de ce nouveau modèle de développement de système de micros entreprises créatrices de la valeur ajoutée.


L’orientation au capitalisme horizontal, renforce la fonction régalienne de l’État comme régulateur et catalyseur de la création des initiatives productrices. La mise en place de ce nouveau modèle aura besoin d’un système de financement de la nouvelle classe entrepreneuriale, et la formation des districts industriels.


La manœuvre incitative objet de ces hypothèses, pourrait être activée à travers les fonds provenant de l’économie non observée, en particulier la corruption, les trafics illégaux, les deniers publics, les fonds détournés, les trafics illégaux et enfin la corruption active et passive.

 

L’histoire récente de l’Italie dans sa lutte contre la mafia, peut servir d’un modèle et d’une pédagogie utile. En effet, depuis 1996, il existe une loi en Italie qui permet la réutilisation sociale des biens confisqués à la mafia par l’Etat. Cette loi permet la mise à disposition des biens acquis via l’argent sale de la criminalité, à la société civile, par les associations et les coopératives. En 2010 et 2012, ces biens saisis ont représentés 11 milliards d’euros selon le ministère de la justice Italie (Media indépendant Mr Mondialisation). Le parallélisme à l’histoire italienne de la lutte contre la mafia devrait inspirer aux législateurs congolais à proposer une loi en matière de confiscation des biens mal acquis et issus de détournement des deniers publics.


La confiscation de deniers publics et la lutte contre l’économie non observée (détournement de denier public, corruption, trafic de matières premières et la délinquance fiscale et financière) peuvent apporter les ressources financières fraiches utiles au financement de districts industriels.


La meilleure politique industrielle est accompagnée par une politique de travail visant le plein emploi et l’utilisation optimale du capital humain. Cette dernière s’obtient à travers le binôme travail et formation.


La sous- utilisation persistante des ressources humaines qui caractérise notre système économique met au premier plan la nécessité du plein emploi.


Les progrès qui peuvent être réalisés à moyen terme sont cependant fortement conditionnés par la situation de départ défavorable caractérisée par de fortes marges de sous-utilisassions de la force active.


La politique du travail, conséquence de l’organisation en district des activités industrielles a l'objectif de provoquer le plein emploi, non seulement d'un point de vue quantitatif, mais aussi dans ses aspects qualitatifs, en terme de profils professionnels et cursus de formation.


Le but de cet essai est de mettre en évidence les possibilités d'adapter les expériences positives du processus de croissance industrielle à travers la formation et la diffusion de districts industriels sur le territoire national.


L’adaptation dans le contexte congolais est possible à cause de la créativité qui anime les congolais. L’exemple de la construction d’un robot routier est un exemple de la génialité de la force active.


Un élément caractéristique du district est le mécanisme de compétitivité-collaboration. Des agglomérations de petites entreprises qui opèrent dans le même secteur et, bien qu'en concurrence les unes avec les autres, coexistent facilement, surtout lorsque l'origine du processus d'industrialisation part d'une évolution de l'artisanat ou d'une industrialisation submergée.


Les véritables incitations doivent avoir pour objectif commun de créer la condition préalable à la naissance de districts. L'ambition primaire favorise un système qui crée la valeur ajoutée et le plein emploi.


Enfin, les hypothèses que nous avons avancées montrent en premier lieu de tirer des conclusions sans équivoque sur la création de districts industriels capables de créer de la valeur ajoutée et de la richesse.


Sans aucun doute ses hypothèses, nécessite un financement, qui proviendra des fonds publics récupérés et deniers publics.


Le processus exige aussi la formation du capital humain parmi les jeunes désœuvrés sans aucune occupation.

 

 

Travail réalisé par Ambroise Bangambe Bila

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