Programmation économique et modèles économétriques de croissance de l’économie congolaise post COVID-19

Plan 2020-2023

Le patriotisme et l’ambition de contribuer avec une petite pierre au grand chantier de la construction économique et sociale de notre pays nous stimulent de proposer cette étude, dédiée au modèle économétrique du Congo. C’est un travail laborieux qui aura besoin d’un capital humain congolais pour sa réalisation effective et un investissement du facteur temps.


Ce travail n’a pas la prétention de remplacer un autre modèle économétrique, s’il existe réellement au Congo, mais a comme objectif, de compléter à d’autres outils d’analyse économique. Les économistes cherchent à comprendre la nature et le fonctionnement des systèmes économiques et fournir les prévisions conditionnées. Enfin, cet outil permet aux décideurs publics, de prendre une décision sur la politique économique du pays.


Est-il possible de construire une nouvelle République Démocratique du Congo, de répondre aux besoins sociaux et économiques, d'atteindre le plein emploi, d'éliminer la pauvreté extrême, de mettre en œuvre les structures réformées adaptées aux potentialités du Congo ? Ces objectifs sont-ils compatibles avec la situation économique actuelle, que faut-il à court et moyen terme pour les atteindre, quels sont les principaux problèmes, identifiables aujourd'hui ? Toutes ces questions trouvent les solutions à travers le modèle économétrique que STARES CONSULTING propose à l’État congolais.


Pour expliquer l’objet de cette recherche, nous nous appuierons sur une définition qui résume cette méthode statistique mathématique. En effet, l’économétrie est l’ensemble de techniques mathématiques et statistiques dont le but est de donner une valeur numérique aux coefficients – ou paramètres – qui apparaissent dans les équations des modèles économétriques, à partir de données statistiques.


Cet outil sert à effectuer les expérimentations en économie, et il est considéré par les économistes, comme l’instrument de laboratoire économique, à juste titre comme une éprouvette dans un laboratoire chimique ou biologique.


Le but de l’économétrie est d’estimer les agrégats macroéconomiques (PIB, taux de chômage, inflation, dépenses publiques et recettes). L’utilisation le plus courante de l’économétrie consiste à prédire les variables macroéconomiques importantes (prévision).


Le modèle économétrique que nous proposons dans cette étude aura le nom de « Patriotes », puisqu’il sera le produit d’une synergie entre les chercheurs et économistes congolais qui manifestent le patriotisme. La participation synergique sera coordonnée par le cabinet STARES CONSULTING, installé au Congo depuis le 03/06/2015 et en France à partir du 20/09/2017.

Le modèle Patriotes suit la logique du patriotisme et la souveraineté intellectuelle- économique congolaise.

L’élaboration de ce modèle, que nous appelons Patriotes est le résultat de questionnement sur l’IDH (Indice de Développement Humain), construit par le PNUD, et quantifié à 0,459 en 2018. Ce dernier classifie notre pays au 179 rang sur 189 pays.

Le paradoxe de ce classement scientifique est apolitique, et évidence l’état de santé de notre économie, sclérosée par les crises multiformes et l’absence d’un repère d’orientation économique. Cette situation nous pousse à élaborer le modèle Patriotes pour apporter une correction au système économique congolais, afin d’appuyer les actions du Président de la République à l’horizon 2020-2023.


Le modèle Patriotes intègre les dimensions territoriales quantifiées sur 11 Provinces à cause de la disponibilité de données statistiques relatives à ces dernières. Les 15 nouvelles provinces existent mais sont dépourvues de données chronologiques de plus de 15 ans. Les 11 Provinces qui disposent les données et qui seront intégrées dans le modèle Patriotes sont : Kinshasa, Bandundu, Bas-Congo, Equateur, Kasaï-Occidental, Kasaï- Oriental, Katanga, Maniema, Nord -Kivu, Sud- Kivu, Oriental.


Le modèle devrait tenir compte des implications de l’économie mondial sachant que la R.D Congo s’était auto-marginalisée dans le processus de la mondialisation. Géographiquement le pays existe sur la carte, mais exclu dans les processus de la mondialisation et globalisation de marchés. Réinventer la nouvelle carte des relations économiques internationale s’avère une nécessité.


Enfin, le modèle devrait tenter de simuler aussi bien le comportement à moyen terme de l’économie et prédire l’évolution conjoncturelle. Nous nous baserons sur la construction des méthodes des scénarios pour renforcer l’approche de prévision.


Le modèle Patriotes sera composé de plus ou moins 160 équations, qui comprennent 93 équations de comportement, 63 équations de définition et 4 équations de raccord.


La quantification de ces équations est provisoire puisque nous nous trouvons dans la phase des hypothèses du travail, de recensement des sources de données disponibles, de collecte, élaborations et toilettage si nécessaire.


La disponibilité des données est d’importance capitale, pour établir les liens entre les variables exogènes et endogènes. L’ambition est de construire un modèle qui facilitera l’exercice prévisionnel, afin de programmer la croissance de l’économie post Covid-19. Nous utiliserons donc les séries chronologiques de 18 ans, c-à-dire de 2001 à 2019.


Nous envisageons d’effectuer la recherche en trois phases dont la première consistera à construire un modèle théorique de base servant d’hypothèses de travail.


La seconde phase consistera à estimer les équations indépendamment l’une de l’autre par la méthode des moindres carrés.

Enfin, la troisième phase consistera à résoudre le système d’équation et la validation du modèle, qui s’effectuera en deux simulations (statique et dynamique).


Schématiquement le modèle sera structuré par quatre parties suivantes :

  • La première partie détermine la demande finale à partir des grands agrégats de la comptabilité nationale ;
  • La seconde partie décrit, province par province, le marché de l’emploi, le chômage et les salaires ;
  • La troisième partie décrit la formation des prix des composantes de la demande finale ;
  • La quatrième partie concerne le stock monétaire *, le taux d’intérêt et le taux de change.


La variable demande finale est désagrégée par :

  • La consommation privée (expliquée par le revenu disponible) ;
  • La consommation publique (variable exogène) ;
  • Le commerce extérieur (expliqué par le commerce mondial et les rapports de prix, pour les exportations, et par la demande intérieure et les rapports de prix, pour les importations ;
  • Les investissements (expliqués par la demande et les rapports entre le coût du capital et les salaires)
    Les variations de stocks.

 

Le marché de l’emploi détermine le chômage par comparaison entre l’offre de travail et la population active.

L’offre de travail est déterminée par les taux d’activité et la demande à partir de l’utilisation de la capacité de production du stock de capital.

L’explication des prix se fait en tenant compte de l’influence des facteurs couts et l’influence de la demande.

La partie monétaire repose sur la création de monnaie en tenant compte de taux d’intérêt et taux de change.

 

Nous soulignons que ce schéma structurel du modèle est provisoire, il pourra être modifié, étoffé au cours de la conception et élaboration des séries chronologiques.
En conclusion de cette synthèse de présentation, nous disons que la crise sanitaire actuelle est une remise en cause de la mondialisation. Nous assistons actuellement au rétropédalage ou démondialisation, la relocalisation des unités de production vers les maisons mères.


Le processus de la démondialisation encours peut être une opportunité pour la République Démocratique du Congo, à condition de se transformer en pays très attractif car il détient l’avantage compétitif absolu à cause de la présence des matières premières stratégiques pour les nouvelles technologies. Pour saisir cette opportunité offerte par le processus inverse de la mondialisation, le Congo doit impérativement réorganiser les facteurs de localisation ou intangibles. Parmi ces derniers, nous citerons les réseaux de communication à haut débit, les bonnes écoles et universités, la disponibilité de l’énergie électrique stable et autres infrastructures économiques et sociales. La justice est le socle de tous les intangibles, donc il faudra la rendre indépendante, efficace et efficiente. Une justice efficiente est utile pour une nation qui souhaite rattraper le train de la mondialisation qui s’est arrêté à cause de la crise sanitaire actuelle. En effet, à travers la justice la présence de l’État est ressentie comme régulateur de bon fonctionnement de marché au sens large (appels d’offre publique, concurrence, lutte contre la corruption, l’économie souterraine et autres fléaux). L’État peut exercer une action positive sur le rendement des mécanismes objectifs de l’économie, c’est-à-dire la faire évoluer vers des équilibres plus satisfaisants [(M. Aglietta), Régulation et Crises du Capitalisme1997 :11].


L’utilité de se doter d’un modèle économétrique de prévisions cohérentes de l’évolution probable de l’économie congolaise est une condition sine qua none pour sa croissance économique inclusive et participative.


Références bibliographiques et documents
Bangambe Bila(A), Elaboration du cadrage macroéconomique de la République du Congo, rapport de mission projet PRCTG Ministère d’économie et Banque mondiale, 20/08/2009.

Johnston (J), Méthodes économétriques, Edition Economica 1997.

Johnson (J), Econometria Edition Franco Angeli1993

Piccolo (D), Statistica, Edition Il Mulino, 1998

Wooldridge (J.M), Introduction à l’économétrie, Edition de Boeck, 2015

 

Par Bangambe Bila Ambroise Statisticien Économiste Évaluateur

 

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